Par Prak Nee
Le ministre du Travail et dirigeant en vue du Mouvement militant mauricien (MMM), Reza Uteem, fait état de ses regrets que Paul Bérenger, leader du Fron Militan Progresis (FMP), n’ait pas pris le poste de leader de l’opposition. Pourquoi est-ce regrettable ?
Le FMP, parti d’opposition ayant le plus grand nombre de députés (trois), a porté son choix sur Chetan Baboolall, député de la circonscription no10, pour le poste de leader de l’opposition. Les partis de l’alliance au pouvoir, surtout le MMM, sont déçus. Car, ils souhaitaient visiblement qu’un député au patronyme de Bérenger (Paul ou Joanna) assume ces fonctions afin d’en faire un épouvantail ethno-politique dans leur campagne contre le FPM.
Campagne communale sournoise
Si Paul ou Joanna était leader de l’opposition, ils auraient pu parler de « sang de colon », avec un sous-entendu communal et racial, à chaque fois que l’un ou l’autre aurait fait des critiques contre le gouvernement au Parlement. On se rappelle de l’épisode où Reza Uteem, mis au pied du mur par une question de Joanna Bérenger sur les travailleurs étrangers, avait choisi comme bouclier le fait qu’il n’avait pas du « sang de colon » dans les veines, avec des insinuations ethno-politiques.
Pendant trop longtemps Bérenger a subi toutes ces accusations malveillantes et attaques à relent communal. Il était temps de mettre fin à cette campagne sournoise qui brouillait les vrais enjeux politiques. Le choix de Chetan Baboolall est logique politiquement. Non seulement ce choix enlève de l’arsenal du gouvernement un argument ethno-politique contre le FMP, mais il permet aussi le renouvellement du leadership au FMP en faisant table rase de toute velléité dynastique.
Aucun boulet politique
Le premier ministre et leader du Parti travailliste (PTr) aura désormais en face de lui, au Parlement, un jeune leader de l’opposition qui ne traine aucun boulet ni aucun passé politique controversé. Face aux questions de Joe Lesjongard, comme leader de l’opposition, il pouvait lui rabattre le caquet en rappelant constamment l’héritage du Mouvement socialiste militant (MSM), tout en escamotant les vrais enjeux. Ce jeu perfide ne marchera pas à partir de septembre.