
Le NCC est-il devenu un mouroir ?
Par Doris Félix
Dédié à deux amies battantes et leurrées par de drôles de spécialistes !
Entre 250 et 300 nouveaux cas de cancer chaque mois à Maurice, soit environ 3 500 par an. Le ministère de la Santé, Anil Bachoo, lui-même l’a avoué le 15 septembre 2026 au National Cancer Centre. En 2024 : 3 362 cas, +18 % par rapport à 2023. Et 1 000 patients envoyés à l’étranger en deux ans parce qu’on ne peut pas les soigner ici.
Le ministère de la Santé ne fait aucune analyse cas par cas. Ni dans le privé, ni dans le public. Aucune étude personnelle sur chaque cas pour trouver des points communs, des causes, des zones géographiques, des métiers. On compte les morts, on ne cherche pas pourquoi.
Il est temps que ce ministère fasse un vrai travail : étudier chaque cas, dans le privé comme dans le public, faire des statistiques analysées, des comparaisons sérieuses pour trouver des points communs.
L’échec du Centre national du cancer de Phoenix
Soixante-cinq plaintes depuis janvier 2026 ; 57 résolues ; huit encore en suivi. Manque de staff, infirmières épuisées, charge de travail infernale. On a dû autoriser, en août, le recrutement de 60 infirmiers spécialisés. On a inauguré un centre moderne en 2020 et en 2026 on manque encore de tout.
Médicaments manquants : Fluorouracil en rupture. On demande aux patients d’aller acheter leur chimio en pharmacie privée. Machines sophistiquées qui manquent, machines existantes régulièrement en panne.
Les plus chanceux dans leur malheur iront à l’étranger pour des traitements et ceux sans moyens se retrouveront dans des queues interminables au centre de cancer avec un manque de médicaments, et des infirmières épuisées à cause d’un manque de staff déployé.
Le calvaire des biopsies et des mammographies
C’est inhumain.
Biopsies : cinq mois d’attente. Pourquoi ? Seulement deux pathologistes pour tous les hôpitaux publics de Maurice. Les résultats doivent souvent être envoyés à l’extérieur puisque ça ne se fait pas ici. Le ministère de la Santé envisage de recourir au privé tellement le système public est à genoux.
Les dits grands spécialistes, trop souvent, font de mauvais diagnostics, donnant de faux espoirs ou des résultats trompeurs et peut-être bâclés aux patients qui, après plusieurs mois d’angoisse et de stress, se voient annoncer « positif », souvent au stade 3 ou 4. Donc déjà trop tard. Ils se retrouvent désespérés à se battre contre vents et marées. À chaque mauvais diagnostic, les médecins coupables devraient répondre. La médecine n’est pas un business. Les patients doivent impérativement rapporter ces cas qui ressemblent à une grave négligence.
Les mammographies sont souvent mal interprétées ou c’est la faute aux machines. Des femmes repartent rassurées et reviennent six mois après avec un cancer avancé.
Alors, qui devrait se poser des questions dans ce sacré pays ?
Les ministres et les ministères doivent bouger.
Les tuyaux d’eau posés au sol, le polyéthylène au soleil
La Central Water Authority (CWA) et le ministère des Services publics ont posé des tuyaux en polyéthylène directement au sol, exposés au soleil toute la journée. Les études scientifiques sont claires : le polyéthylène exposé à la chaleur se dégrade et libère du benzène, un cancérigène avéré, des composés organiques volatils, des microplastiques, des perturbateurs endocriniens. L’Environmental Protection Agency américaine alerte : l’inspection visuelle ne suffit pas, l’eau peut être contaminée. La CWA a-t-elle fait des tests pour savoir si l’eau provenant de ces tuyaux exposés au soleil n’est pas nocive ? Non.
L’agro-industrie
On donne des cartes aux planteurs pour se procurer des produits chimiques, 2 000 tonnes de pesticides par an, mais le ministère de l’Agro-industrie prend-il le temps de faire des inspections dans ces jardins potagers qui produisent à une vitesse folle ? Qui contrôle les résidus sur les brèdes, les tomates ? Une étude montre 99,98 % d’impact sur les écosystèmes dû aux pesticides.
Le thon en boîte à Rs 9, bourré de poison, négocié par le ministère du Commerce. 100 % des boîtes testées en Europe sont contaminées au mercure, l’une des dix substances les plus préoccupantes, selon l’Organisation mondiale de la santé.
Le corned-beef bon marché vient de pays comme le Brésil, l’Argentine etc. qui ont adopté le feedlot system et nous envoient des produits qui nous tuent. L’Europe vient de retirer des lots du géant JBS pour qualité douteuse. Où sont les ministères du Commerce et de l’Agro-industrie pour contrôler ?
Le lait importé a souvent une apparence suspicieuse et ressemble souvent à de la farine. A-t-on analysé ce lait que nous recevons de nombreux pays étrangers ? Que font les ministères de la Santé et du Commerce ?
Le sel importé en sachet a aussi une apparence suspicieuse, ressemble souvent à de la poudre ou à de la farine raffinée, est bourré d’antiagglomérants. A-t-on analysé ce sel que nous recevons de nombreux pays étrangers ? Que fait le ministère de la Santé ?
Les différents produits à base de glutamate sont en vente libre bien que l’on sache qu’ils sont nocifs. Tous ces exhausteurs de goût type E621 sont cachés partout. Où est le ministère de la Santé ?
Et ces plaques de nouilles à bouillir en 2 minutes avec deux sachets à mélanger tellement puissants ! C’est à base de quoi ? Farine ultraraffinée, TBHQ conservateur issu de l’industrie pétrolière cancérigène à haute dose, produits à base de glutamate, sel hallucinant, graisses saturées. Conservées dans du polystyrène cancérigène. On donne ça à nos enfants. Où est le ministère de la Santé ?
L’huile de cuisine nocive
Et cette huile de cuisson importée, la moins chère du marché, souvent de l’huile de palme raffinée et réutilisée ? Hydrogénée, bourrée de gras trans, réchauffée des dizaines de fois dans les snacks et take-away. L’OMS alerte : les gras trans tuent 500 000 personnes par an dans le monde, cause directe de cancers, d’AVC et de maladies cardiaques. Où est le contrôle des ministères de la Santé et du Commerce sur la qualité et la réutilisation de ces huiles ?
Le stress qui tue
Le gouvernement sait-il que le stress tue ? Il pourrait essayer de rendre le sourire à son peuple et de diminuer le stress qui empoisonne sa vie. Le ministère du Travail pourrait faire une enquête auprès de la fonction publique et du secteur privé pour comprendre si le traitement donné n’apporte pas trop de stress.
Pendant ce temps, les cliniques privées poussent comme des champignons et font fortune parce que cette population est malade tant physiquement que moralement et mentalement.
Bon sang, mais qui s’intéresse à la santé de la population ?
L’indifférence des responsables de notre société nous tue ! Réveillez-vous !