Patrick Assirvaden épargne étrangement Prakash Maunthrooa.

Par Narain Jasodanand

Répondant à une question supplémentaire de Joanna Bérenger le 27 octobre, Patrick Assirvaden n’a pas dit si oui ou non, l’eau des boreholes des établissements sucriers qui étaient destinée à l’agriculture est maintenant utilisée pour les Smart Cities. Pour ne pas embarrasser Medine et les autres établissements sucriers, le ministre a ajouté : « Je dois ici saluer d’abord la coopération que nous avons avec Medine et le secteur privé en général. » Cela, alors qu’il reconnaissait quelques instants plus tôt que Médine utilise l’eau traitée de la Central Water Authority (CWA) pour ses projets immobiliers depuis 2020 !

Qu’a-t-on fait pour que Medine n’utilise plus l’eau de la CWA et qu’elle puise et traite sa propre eau de ses forages ? Ce n’est qu’en juin 2024, « quelques mois avant les élections », précise Assirvaden, qu’un protocole d’accord a été signé entre la CWA et Médine et selon lequel le groupe allait construire trois réservoirs à Beaux-Songes pour alimenter sa Smart City et les villages avoisinants. Or, Medine ne le fera pas et l’accord expirera, le 19 août 2024.

Prakash Maunthrooa et Chandrasen Matadeen ont signé pour la CWA et Dhiren Poonoosamy et Joel Bruneau pour Médine.

Ce qu’Assirvaden ne dit pas, c’est qu’en vertu de cet accord de juin 2024, Medine autorisait la CWA à exploiter quatre boreholes plus à installer les conduites sur son terrain pour fournir Palma, Pierrefonds et Beaux-Songes. L’autorisation avait en fait été accordée depuis octobre 2023. L’accord prévoyait aussi la location pour 99 ans de six arpents de terres de Medine à la CWA à un prix symbolique de Rs 100 par an.

Assirvaden non plus

Ce protocole d’accord semble avoir été signé par Maunthrooa et Matadeen sans l’intention de le mettre en pratique, puisqu’ils ont laissé l’accord expirer en août 2024. Après le changement de gouvernement, Assirvaden non plus n’a pas voulu toucher à l’eau des forages de Medine et a laissé le groupe pomper celle de la CWA pendant deux ans.

Ce n’est qu’en août dernier, lorsque des pressions ont commencé à monter contre le ministre, qu’il a renégocié un nouveau protocole d’accord avec Medine. Et il annonce fièrement qu’il vient de « reprendre » quatre boreholes au groupe. Sans dire que s’il avait fait le suivi depuis novembre 2024, la CWA aurait eu ces quatre forages depuis deux ans. Seul un, à Beaux-Songes, serait déjà en opération.

Et les trois boreholes restants, lui a demandé Joanna Bérenger ? Réponse du ministre : « Les trois forages sont opérationnels mais pas encore utilisés par la CWA. » Comprenne qui pourra !

Curieusement, le ministre de l’Énergie ne blâme ni Maunthrooa ni Matadeen d’avoir privé d’eau les habitants de l’Ouest au profit de Medine, qui a non seulement conservé ses boreholes mais a utilisé l’eau subventionnée de la CWA. Pourquoi ? En tout cas, Assirvaden est le plus à blâmer puisqu’il a laissé la situation perdurer pendant deux ans.

C’est pour cela qu’il a dit, le27 octobre au Parlement, parlant manifestement en son nom et en celui de Maunthrooa : « On prend les boreholes qui alimentent notre réseau et, en contrepartie, nous donnons depuis 2020 l’eau potable à la Smart City de Medine. »

Voilà un autre exemple de complicité entre Assirvaden et l’ex-directeur général de la CWA. À noter que Chandrasen Matadeen, lui, est toujours à la CWA et accompagne souvent le ministre lors des « visites de site ».

Selon nos informations, Medine attendait depuis longtemps que le ministre lui donne son feu vert pour lancer les projets. Assirvaden voulait-il « renégocier » quoi ?