Assirvaden n’avait pourtant personne pour débattre avec lui, vendredi 9 octobre.

Par Narain Jasodanand

Il fallait beaucoup de patience, de courage et de café noir pour écouter Patrick Assirvaden parler pendant trois heures sur Radio Plus, le 9 octobre. Il faut dire que le ministre aime causer, parfois pour ne rien dire. D’autant qu’il a passé la majeure partie de l’interview fleuve à répéter ce qu’il avait déjà dit lors de sa conférence de presse du 6 octobre, avec quelques variations des chiffres et faits…

Encore une fois, Patrick Assirvaden a voulu vendre ses projets de dessalement qui serait, pour lui, la solution miracle pour le long terme. Cela, alors que la préoccupation de la population actuellement est comment se laver, s’alimenter sans eau.

Il a répété ses visites au Maroc et sa rencontre avec Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau de ce pays. L’obsession d’Assirvaden pour le dessalement est telle que cela commence à paraitre suspect. On se demande même si un deal financier autour de ce projet n’a pas déjà été conclu.

Bye-bye dessalement ?

Mais le clou de cet entretien marathon est sans aucun doute l’intervention de Robin Soonarane, ex-directeur la CWA.  Celui-ci a clairement fait savoir que le dessalement ne devrait être envisagé qu’en dernier recours. Donc, pas recommandé pour notre pays. Il a même ajouté, prenant à contre-pied Assirvaden, que le cas de Rodrigues, que le ministre venait de citer en exemple, est différent de Maurice. Tout en signalant le coût et les risques environnementaux du dessalement.

S’adressant directement à Assirvaden, Soonarane a également affirmé que l’on recevra certainement les pluies d’été en janvier et février. Il voulait faire comprendre par là qu’il n’y a pas lieu d’investir des milliards dans un projet à long terme de dessalement alors que la sécheresse ne dure pas toute l’année.

Si les pluies d’été ne viennent pas, a indiqué Soonarane, non seulement Mare-aux-Vacoas sera asséché mais tous les autres réservoirs aussi, de même que les nappes phréatiques.

Assirvaden a répondu à l’ingénieur que lui n’est pas optimiste et a maintenu qu’il fallait un plan B, donc un plan dessalement. Le ministre s’est montré plus expert qu’un expert !

Découverte d’eau

Pourtant, il n’était même pas au courant de l’existence d’un canal et d’une rivière dont les eaux pourraient être utilisées pour alimenter Mare-aux-Vacoas. Il a noté avec empressement leur nom, qu’il communiquera, promet-il, à la Central Water Authority (CWA) et à la Water Resources Commission (WRC).

Si Soonarane a raison, on se demande pourquoi Shiam Thannoo, DG de la CWA, et Lomush Juggoo, DG de la WRC, et leurs ingénieurs n’y ont pas pensé !

Pourquoi certaines régions ont-elles de l’eau en abondance et d’autres sont à sec ? Explications contradictoires d’Assirvaden : la CWA ne ferme pas les vannes. Par manque de pression, les régions se trouvant en altitude ne reçoivent pas d’eau. Si on ferme les vannes pour les rouvrir, les canalisations prendront l’air et il faudra trois jours pour l’expulser.

Or quelques minutes plus tard, il a annoncé que l’eau serait desservie un jour sur deux !

Parlant du Pipe Replacement Programme, Assirvaden a dit que les travaux débuteront en décembre, tout en employant le mot « supposer ». Est-ce parce que le projet a été mis en veilleuse par manque de Rs 266 millions ?

Sinon, Assirvaden a perdu beaucoup de (notre) temps à relater ses relations amicales avec les habitants de la circonscription numéro 15 malgré l’expression de leur hostilité à son égard et son absence continuelle sur le terrain.

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Un directeur qui fera le travail de deux ?

Le frère de Robin Soonarane, le Dr Pradeep Soonarane, qui occupait le poste de Chief Executive Officer de la Compagnie Nationale de transport (CNT), vient d’être désigné directeur général (DG) des Services publics. Poste qui, semble-t-il, vient d’être créé. Il quittera la direction de la CNT pour l’occuper à plein temps. Il est clair qu’il fera le job de Shiam Thannoo et de Lomush Juggoo. Et aussi celui de Patrick Assirvaden ? Visiblement, oui.