Ajay Gunness aime voyager avec son ami Seewoonarain Koonjul.

Par Narain Jasodanand

Certains partent en voyage privé et d’autres en mission. Il y en a qui vont en pèlerinage et d’autres font du tourisme. Ajay Gunness, lui, combine les quatre en un seul déplacement. C’est son droit mais quand cela confond même les fonctionnaires, cela devient problématique. On se rappelle des voyages de Véronique Leu-Govind à l’île de La Réunion…

Même si dans sa lettre officielle du 22 septembre, le Senior Chief Executive du ministère des Infrastructures nationales indique qu’Ajay Gunness sera en voyage privé entre le 27 septembre et le 8 octobre, missive demande au secrétaire aux Affaires étrangères de faire le nécessaire pour que le haut-commissariat à New Delhi et notre consulat à Dubaï « extend all courtesies and facilities to them during their private visit to Dubai and India »…

Est-ce à dire qu’Ajay Gunness, son épouse, Seewoonarain Koonjul – le chairman à temps partiel de la Road Development Authority – et sa femme, auront droit au transport et autres facilités de nos représentations dans ces États ?

La lettre donne d’ailleurs l’itinéraire exact des voyageurs. Première escale : Dubaï, pour trois jours. Pour faire du shopping, du banking, des rencontres ?

Puis, direction la ville touristique de Shimla dans le nord-ouest de l’Inde, suivie d’un saut dans l’État d’Himachal Pradesh, connu également pour ses sites touristiques.

Nos voyageurs descendront ensuite dans la ville de Chintpurni, où se trouvent plusieurs temples, avant d’aller à Kangra, ville réputée pour ses monuments historiques, ses sites touristiques mais moins connue comme destination de pèlerins. On ne sait si ce sont les rares temples ou hôtels qui ont attiré les visiteurs de marque mauriciens.

Service VIP religieux ?

De Kangra, la « délégation » privée ira à Chandigarh pour y passer une nuit. Cette destination, c’est sûr, n’a rien à voir avec du pèlerinage, car c’est une ville moderne, construite d’ailleurs en 1950, après l’indépendance de l’Inde, d’après les plans du célèbre architecte français Le Corbusier. Gunness s’est-il inspiré de l’urbanisme de Le Corbusier ?

Après Chandigarh, les deux familles se rendent à New Delhi où elles passent deux nuits. On ne sait pour quels motifs.

Pour les haltes de prières et de recueillement dans les temples, les visiteurs VVIP auront droit à un traitement également VVIP puisque la lettre demande à la haut-commissaire Sheila Bappoo d’« arrange for their access to the temples in India for prayers ». Pourquoi ? Y a-t-il des restrictions ? Selon une source, non, mais « c’est plutôt pour permettre aux Gunness et Koonjul de ne pas avoir à faire la queue ». Drôle de pèlerinage, car normalement, les sacrifices y comptent beaucoup et non les facilités.

Après leurs séjours de prières et de repos, nos quatre touristes-pèlerins remettent le cap sur Dubaï, où ils n’attendront que 90 minutes avant de prendre l’avion pour Maurice.

Sollicités, ni Ajay Gunness, ni notre haut-commissaire en Inde, Sheila Bappoo, ni le ministre des Affaires étrangères, Ritish Ramful, ne nous a répondu. Nous voulions leur demander des précisions notamment sur les facilités offertes non seulement au couple ministériel mais aussi à Mme et M. Koonjul, qui suit Ajay Gunness comme son ombre. On apprend d’ailleurs que Koonjul avait accompagné Gunness à Séoul récemment, pour une visite privée.

Quel pèlerinage ont-ils pu faire au pays du Matin Calme ?