Des appels d’offres ‒ pas tous ‒ ont pourtant été lancés par la STC. Dans la mauvaise direction ?

Par Narain Jasodanand

Les membres du conseil d’administration de la State Trading Corporation (STC) ont-ils vraiment été révoqués ? À l’heure où nous publions cet article, ils n’ont toujours pas reçu leur lettre de départ. En attendant, un des membres est décédé…

L’annonce de la révocation a été faite d’une manière plutôt non conventionnelle par le ministre du Commerce, Michaël Sik Yuen : sur le plateau d’une radio privée. En fait, c’est en répondant à une question de son prédécesseur, Soodesh Callichurn, que Sik Yuen a fait savoir que tout le board avait été limogé et que quatre cadres avaient été suspendus. Mais le General Manager, Suren Dayal, reste en poste, a-t-il précisé.

De ce que l’on a compris des explications du ministre, il n’est pas content que la STC n’ait pu, depuis décembre 2025, démarrer l’importation d’une « longue liste de produits », comme le lait et l’huile comestible, pour concurrencer le privé et faire baisser les prix. Lorsque les prix baisseront, a ajouté Sik Yuen, les subsides pourront être stoppés et les prélèvements sur les carburants pourront, à leur tour, être retirés. Ce qui, comprend-t-on, fera baisser le prix de ces produits pétroliers. Les baisses de prix des denrées comme le lait et l’huile comestible serviront aussi, on l’espère, à soulager les Mauriciens.

Ces explications ont été données, vous l’avez deviné, dans le sillage de l’augmentation du prix des carburants. La décision draconienne de révoquer les membres du conseil d’administration de la STC, a argué Sik Yuen, ne résulte pas de « maldonnes concernant l’importation du riz ration », contrairement à ce qu’allègue Soodesh Callichurn.

Appels d’offres lancés

Cependant, on apprend du site web de la STC que des appels d’offres ont bien été lancés depuis mars 2026 pour l’achat d’huile comestible – dont deux ont été annulés, on ne sait pourquoi ‒, de poisson et de pomme d’amour en conserve – alors qu’on en produit du frais ‒, de gains secs  ‒ qui a été annulé, on ne sait pourquoi ‒, de couches, de riz basmati et de riz ration.

Il faut savoir que la STC importe et vend déjà certains produits comme de l’huile comestible, du lait, des grains secs.

On ne saisit donc pas trop les raisons pour lesquelles les membres du board de la STC ont été virés.

Sollicité, Michaël Sik Yuen ne nous a pas répondu.

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Subsides aux consommateurs ou aux commerçants ?

Au 16 juin 2026, Rs 710 millions ont été versées par la Mauritius Revenue Authority (MRA) sous le Price Stabilisation Fund depuis fin août 2025 aux importateurs du privé, a-t-on appris de Sik Yuen lui-même, le 7 juillet, au Parlement. Cet argent vise à subventionner les produits suivants : lait en poudre, huile alimentaire, lait infantile, couches pour bébés et pour adultes, fromage fondu, maquereaux et pilchards en conserve, couches et médicaments contre l’hypertension, les maladies cardiovasculaires et le diabète.

Les prix de ces produits ont-ils baissé en conséquence ? Selon Sik Yuen, oui, « entre Rs 10 et Rs 55 par unité sur les produits alimentaires ». L’ont-ils fait proportionnellement aux subsides injectés ? Difficile à dire. On ne dispose pas de la quantité et valeur de ces produits vendus et ne pouvons donc savoir si les commerçants ont gagné plus en subsides que les baisses de prix auxquelles ils ont consentis. Cependant, le ministre du Commerce assure que la MRA veille au grain (sec).

Il est également difficile d’évaluer l’impact, surtout sur les supermarchés, des subventions sur le pain, pour lequel Rs 280 millions supplémentaires ont été allouées.

Le lait et l’huile comestible ont absorbé le plus gros des subsides avec Rs 362 millions et Rs 246 millions respectivement.